L’île la plus proche du paradis…

Categories Nouvelle Calédonie, OCEANIE

Perdue au cœur du Pacifique Sud, entre l'Australie et la Nouvelle Zélande, la Nouvelle-Calédonie est un territoire français situé à plus de 20 000 kilomètres de la métropole où se côtoie un bouillon de culture mélanésienne. J'atterris à l'aéroport de Nouméa où je suis accueillie par Florence la compagne de Bertrand rencontré la veille au Fidji (et oui il faut suivre !). Comme si je faisais partie de la famille, elle m'accueille à bras ouverts pour quelques jours, autrement dit elle m'offre le plus beau cadeau auquel un tourdumondiste puisse rêver : se sentir chez soi, entouré d'une famille d'adoption formidable à des milliers de kilomètres de chez soi ! Mon sac posé dans "ma chambre", c'est déjà l'heure de l'apéro, pieds nus sur la terrasse pour se mettre dans l'ambiance calédonienne. Je me familiarise avec le vocabulaire local : la "brousse" pour tout ce qui est en dehors de Nouméa, les "Kanaks" autochtones Mélanésiens, les "Caldoches" blancs implantés depuis plus d'une génération et les "Zoreilles" les métropolitains nouvellement arrivés. J'apprends aussi que ce melting-pot culturel n'a pas toujours co-existé en paix, en témoignent l'épisode sanglant de 1988 (évènement totalement absent des manuels d'histoire en métropole…chercherait-ont à faire oublier quelquechose !) et que les tensions entre pro et anti-indépendantistes flottent toujours. D'ailleurs c'est en 2018 que le référendum sur la question de l'indépendance doit (enfin) avoir lieu.

 

Après cette soirée chargée en rencontres et apprentissages, je pars le lendemain flâner dans Nouméa. Je ne m'attendais à aucun dépaysement en venant en Nouvelle-Calédonie… quelle idée ! Après presque un an passé loin de la France, je suis complètement déboussolée d'entendre parler français autour de moi, mon odorat ne sait plus où donner de la tête avec toutes ces délicieuses odeurs qui m'entourent (je fais 3 fois le tour du marché tellement c'est l'extase) et je ne peux m'empêcher d'aller faire un tour chez Décathlon et Etam…où les prix calédoniens dissuadent.

 

Je poursuis ma balade le long de la plage de l’Anse Vata, avec au large le spectacle des kite-surfers et le doux son de leurs voiles qui brisent l'air, puis de la baie des citrons et jusqu'à la Place des Cocotiers. On est en pleine semaine, mais une ambiance de vacances sans fin flotte dans l'air, ici l'atmosphère détendue est de mise. Un petit coucher de soleil sur les hauteurs de Nouméa et je ne tarde pas à rentrer, car le programme de demain est chargé.

 

Le lendemain je me lève à l'aube pour embarquer sur Le Betico, le ferry qui relie l’île des Pins à Nouméa en 2h30 de traversée. Découverte par le commandant Cook en 1774, c’est à ces caractéristiques pins colonnaires qu’elle doit son nom. Tandis que d'autres la surnomme "l'île la plus proche du paradis, il me tarde d'aller voir ça ! La journée s'annonce sportive et rythmée : j'ai 5-6h devant moi pour parcourir l'île avant de prendre mon ferry de retour et cela en vélo, sous un soleil de plomb et avec de belles grosses côtes…challenge accepté ! J'enfourche mon cher B'twin à la roue voilée et c'est parti pour 40km de boucle, évidemment les paysages sont tellement magnifiques (et les côtes tellement raides) que je m'arrête à tout bout de champ.

 

Je ne croise quasiment personne sur la route – comme souvent en Nouvelle Calédonie – qui me mène à la Piscine naturelle de la baie d'Oro, la beauté des lieux m'ayant déjà fait oublié le dénivelé qui m'attend.

 

Après avoir déraillé 3 fois et les mains pleines de cambouis, je tends le pouce en espérant qu'une âme charitable s'arrête. Ouf, un pick-up me dépanne et me dépose non loin des totems de Saint Maurice. Cette palissade de totems en bois sculpté commémore l’arrivée des premiers missionnaires à l’île des pins.

 

Je roule à travers la brousse, passant dans les hameaux, devant les écoles. Je traverse le minuscule village de Vao avec sa place de marché et son église construite à l’époque des Missionnaires. Mine de rien, sur cet atoll complétement isolé vivent quand même 2000 habitants !

 

Encore une bonne heure de pédalage et me voilà dans la baie de Kanuméra et son rocher sacré, avec son sable extra fin et le calme olympien qui y règne je resterais bien ici…mais le ferry ne m'attendra pas, il faut continuer. 

 

Un film intéressant sur l'histoire de la Nouvelle Calédonie :
L'Ordre et la Morale écrit, réalisé et interprété par Mathieu Kassovitz, retrace les évènements de 1988 de l'île d'Ouvéa.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *